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La poésie, une autre manière de respirer.


Regards croisés avec Ezechiel Luccé, éducateur et fondateur de E-Kri


Team E-kri


Comment la poésie aide-t-elle les jeunes à trouver leur voix ?


Quand Ezechiel Luccé parle de poésie, il en parle comme d’un souffle. Un geste vital, presque instinctif. Éducateur aux Gonaïves et fondateur de l’initiative E-Kri, il voit l’écriture comme un espace où l’on respire mieux, où l’on s’affranchit des silences et où l’on retrouve le courage de dire.


« La poésie est une autre manière de respirer. Une façon d’aspirer la vérité et de relâcher tout ce que nous gardions enfoui. »


Lors de l’édition 2025 du Concours de Poésie Francophone, Ezechiel a fait partie du jury pour la catégorie collège. Il y a découvert des dizaines de jeunes plumes, porteuses à la fois de fragilité et d’un étonnant potentiel.


« La poésie, c’est une autre manière de respirer », nous confie-t-il. « Elle nous aide à comprendre ce que l’on traverse et nous donne le courage de le dire. » Pour lui, la poésie dépasse largement le cadre esthétique. Elle devient un outil de transformation : un espace où les jeunes apprennent à nommer leurs émotions, à interroger le monde et à imaginer d’autres possibles.


Ezechiel Luccé
Ezechiel Luccé

Cette conviction est intimement liée à son rôle d’éducateur. Pendant longtemps, il n’écrivait que pour lui, discrètement. Puis le travail auprès des jeunes a bouleversé son rapport à l’écriture.


« Enseigner m’a obligé à ouvrir ce que j’écrivais. Quand on accompagne quelqu’un qui débute, on apprend à respecter ses premiers mots, accueillir sa voix, et l’aider à grandir sans jamais la déformer. » Une manière d’être qui rejoint parfaitement l’esprit du concours : un espace où la forme ne bride pas, où la créativité se déploie et où l’authenticité est célébrée.


En repensant aux textes reçus, il reste marqué par la lucidité des élèves. « Ils n’étaient pas enfermés dans des règles figées, et cette liberté comptait. Chacun portait quelque chose de profondément vrai. »



« Nous voulons que les jeunes puissent s’exprimer. »


Cette expérience trouve un écho naturel dans le projet E-Kri, officiellement lancé en mars. Au départ, un simple constat : trop peu d’adolescents lisaient ou écrivaient. Aujourd’hui, c’est devenu un mouvement qui relie des jeunes de plusieurs communautés, et même au-delà des frontières. Grâce à des ateliers de lecture, des cercles d’écriture et des rencontres virtuelles avec des participants d’autres pays, Ezechiel cultive une dynamique d’expression, de curiosité et de dialogue.


Pour lui, la littérature n’est jamais un acte solitaire. C’est un chemin partagé. Un geste collectif. « Nous voulons la même chose », explique-t-il lorsqu’on l’interroge sur les liens avec Culture Without Border. « Nous voulons que les jeunes puissent dire ce qu’ils ressentent, comprendre ce qu’ils vivent et tisser des liens. La littérature rapproche les gens, par-delà toutes les frontières. »


E-Kri : quand écrire devient libération



Ekri logo

Au centre de son engagement se trouve E-Kri (Écris, et crie!), une initiative culturelle qui voit dans l’écriture un acte de résistance et d’émancipation. E-Kri offre un espace aux voix réduites au silence, et encourage l’expression comme puissance d’affirmation. Le projet prend vie à travers des ateliers d’écriture, des rencontres artistiques, des lectures publiques, des expositions et des publications.


Construit en partenariat avec des acteurs culturels, éducatifs et sociaux, E-Kri crée un environnement inclusif où chacun peut parler, écrire et être entendu. Une littérature vivante, non pas comme un exercice disciplinaire, mais comme un souffle commun : un lieu où l’expression personnelle s’approfondit et où les liens collectifs se renforcent.



Regarder vers l’avenir


À l’approche de la prochaine édition du concours, la vision d’Ezechiel nous rappelle l’essentiel : la poésie compte. Elle offre aux jeunes un espace pour se découvrir, penser le monde et rencontrer d’autres voix animées par le même désir de langage et de création.


Ezechiel espère une plus grande participation de la jeunesse haïtienne l’an prochain, et imagine déjà des passerelles croissantes entre Culture Without Border et E-Kri.


« Il y a tant à construire ensemble. Tant de jeunes voix prêtes à s’élever. »


Préserver un espace où chaque voix compte


Le Concours de Poésie reste gratuit pour tous les jeunes participants. Pour maintenir ce format inclusif (ateliers, programmes transfrontaliers, visibilité internationale) nous avons besoin de votre soutien. Votre contribution nous aide à offrir un espace où les jeunes peuvent grandir, réfléchir et s’exprimer en liberté.



Si vous croyez au pouvoir de la poésie pour ouvrir des possibles, votre soutien fait toute la différence.

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